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Pendant plus de 20 ans, le Règlement sur les exploitations agricoles (REA) a encadré les pratiques agroenvironnementales au Québec. En 2026, le gouvernement a adopté le Règlement sur les pratiques agroenvironnementales (RPAE), qui remplacera progressivement le REA et apportera plusieurs changements importants pour les producteurs agricoles.
Le REA avait été conçu pour répondre aux réalités agricoles d'une autre époque. Depuis, les systèmes de production ont évolué, de nouvelles pratiques se sont développées et les attentes en matière de protection de l'environnement se sont accrues. Avec le RPAE, le gouvernement souhaite moderniser l'encadrement agricole, améliorer la protection des cours d'eau et des sols et favoriser une gestion durable des fertilisants et des activités agricoles.
Si vous êtes producteur, l'objectif n'est pas de devenir expert en réglementation. L'important est plutôt de comprendre les principaux changements qui pourraient influencer votre entreprise, votre planification et vos pratiques au champ. Ces changements entraîneront de nouvelles obligations, mais également une adaptation graduelle des pratiques déjà en place dans plusieurs entreprises.
Ce texte vise à résumer les grandes lignes du RPAE, sans entrer dans le détail de tous les changements.
Une plus grande importance accordée à la santé des sols
L'un des changements majeurs du RPAE est l'intégration de mesures visant directement la conservation des sols. Alors que le REA ciblait principalement les déjections animales et les fertilisants, le nouveau règlement intègre davantage la lutte contre l'érosion et la protection de la qualité des sols. Ce que cela signifie concrètement :
De nouvelles règles concernant la protection des cours d’eau
Le RPAE introduit un cadre plus structuré concernant les bandes riveraines le long des cours d'eau et des fossés. L'objectif est de mieux protéger les milieux aquatiques en limitant le transport des sédiments, du phosphore et de l'azote vers les plans d'eau. Le gouvernement parle notamment d'une harmonisation des exigences à l'échelle du Québec. Les entreprises agricoles devront porter une attention particulière aux bandes riveraines, à la gestion des fertilisants et aux activités réalisées à proximité des cours d'eau.
Une nouvelle approche de la fertilisation
La gestion des fertilisants demeure au cœur du nouveau règlement. Le gouvernement souhaite que les apports en éléments nutritifs correspondent davantage aux besoins réels des cultures et aux capacités des sols, afin de réduire les pertes vers l’environnement. Le RPAE introduit donc un encadrement renouvelé de certaines pratiques de fertilisation et de gestion des déjections animales. Pour la majorité des entreprises, cela signifie qu'il sera plus important que jamais de :
La fin du moratoire sur l'expansion des superficies cultivées
C'est probablement l'un des changements les plus médiatisés. L'adoption du RPAE met fin au moratoire qui limitait depuis plus de 20 ans l'accroissement des superficies en culture dans plusieurs régions du Québec. Selon le gouvernement, cette mesure pourrait permettre la mise en culture de superficies additionnelles importantes, sous certaines conditions environnementales. Évidemment, cela ne signifie pas que toutes les terres pourront être défrichées librement. Des exigences liées à la protection des milieux naturels, des cours d'eau et de la biodiversité demeurent applicables.
Un règlement mieux adapté aux productions émergentes
Le REA avait été élaboré à une époque où plusieurs secteurs étaient peu développés ou inexistants. Le RPAE élargit son champ d'application afin d'encadrer plus clairement certaines productions émergentes, notamment :
De nouvelles exigences pour certaines activités agricoles
Selon le type d'exploitation et la localisation des parcelles, certaines activités qui étaient auparavant permises sous certaines conditions pourraient maintenant nécessiter un encadrement additionnel.
Les producteurs devront notamment vérifier si leurs projets de développement, d'agrandissement ou de modification d'installations sont visés par de nouvelles exigences administratives ou environnementales.
Il sera donc important de consulter son agronome avant d'entreprendre des travaux ou des changements majeurs à l'exploitation.
Une application graduelle des mesures
Bonne nouvelle : plusieurs dispositions seront implantées progressivement. Cette approche vise à donner le temps aux producteurs de s'adapter et de planifier les ajustements nécessaires.
Les échéances peuvent toutefois varier selon la nature des obligations. Il est donc recommandé de prendre connaissance des dates d'entrée en vigueur qui concernent spécifiquement votre entreprise.
Ce que les producteurs devraient faire dès maintenant
Afin d'éviter les mauvaises surprises, les entreprises agricoles peuvent dès maintenant :
En résumé
Le RPAE ne constitue pas uniquement un changement de nom. Il marque un changement de philosophie. L'accent est davantage mis sur :
Pour plusieurs producteurs, les impacts concrets dépendront du type de production, de la localisation de l'entreprise et des pratiques déjà en place. Une chose est certaine : les prochaines années seront une période de transition où l'accompagnement technique et agronomique prendra toute son importance. Comme conseillers, notre rôle est de vous aider à comprendre ces nouvelles exigences, à identifier les éléments qui concernent votre entreprise et à transformer les obligations réglementaires en occasions d'améliorer la santé des sols, la qualité de l'eau et la performance globale de votre ferme.
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